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Primaires du Tourisme 2017

Propositions des 5 principaux candidats aux élections présidentielles,

Synthèse des présentations et débats

publié le mercredi 8 mars 2017, par afest

Au siège de la Fédération Nationale des Travaux Publics à Paris, toute la matinée du 2 Mars 2017, l’IFT et l’AFEST ont reçu tour à tour les représentants des 5 principaux candidats aux élections présidentielles, avec le concours du journaliste Ulysse Gosset. Chacun a fait une présentation de ses projets pour le tourisme et a débattu avec une salle de 170 participants, tous professionnels du tourisme. L’IFT et l’AFEST remercient les représentants des candidats, et leurs équipes qui, dans l’ombre, ont préparé la vision et le programme de leur candidat en faveur du tourisme.

En prélude à l’arrivée des candidats, Bernard Lapasset, au nom du Comité de Candidature aux Jeux Olympiques, et Jean-Christophe Fromentin, au nom de la candidature de la France à l’Exposition Universelle, ont présenté les retombées touristiques incontournables qu’auraient ces deux évènements sur le tourisme en France.

Les principales propositions des candidats sont reprises ci-dessous.

Aurélie FILIPETTI, au nom de Benoît HAMON

Le tourisme sera une priorité nationale, en lien étroit avec les ressources culturelles et territoriales et leurs collectivités qui permettent de diversifier l’offre.

Rattaché aux Ministères des Finances ou des Affaires Etrangères, voire à la Culture, le ministère du tourisme n’en sera que plus puissant –facilitant les arbitrages en sa faveur- ; et le seuil d’accès aux aides de la BPI devra être abaissé.

Un statut unique, entre salarié et indépendant, permettra de lutter contre « l’uberisation » de l’économie, et il faut aussi réguler les plates-formes numériques et les inclurent dans le droit commun.

La suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages, et l’autonomie financière des jeunes vont créer du pouvoir d’achat utile à l’économie, et donc au tourisme.

Pour faire face à l’instabilité fiscale et règlementaire dont se plaignent les entreprises, un engagement de 5 ans sera pris dans ce sens.

Arnaud LEROY, au nom d’Emmanuel MACRON

Le tourisme n’est pas une priorité nationale, pour l’heure, mais plusieurs mesures transversales devraient l’impacter favorablement, selon le triple objectif de stabilité/simplification/visibilité. Il s’agit de baisser les charges salariales, renforcer la formation, faire un moratoire sur les transmissions d’entreprises, établir une fiscalité assurant une concurrence loyale, créer une « micro-franchise » favorisant l’embauche de saisonniers, alléger les normes (« verrous de l’économie ») en faveur du bon sens et « d’un droit à l’erreur » avec l’Administration, dont la culture devra évoluer.

Il faut revoir les normes et considérer un droit à l’erreur face à la complexité des règles et la diversité des acteurs.

Le tourisme a besoin de moyens financiers complémentaires (150 M€ en fait) pour sa promotion internationale ; une taxe touristique pourrait être prélevée sur les lieux de visite, et certains équipements sportifs.

Les contrats de destination seront développés et les liaisons ferroviaires facilitées pour les touristes afin « d’irriguer » les régions.

Pour améliorer la sécurité, on embauchera des policiers et on favorisera un « Moneo touristique », évitant de se charger d’argent liquide propice aux vols.

Pour les Français non-partants, le pass-culture proposé aux jeunes inclura le voyage et chaque jeune de 25 ans devra pouvoir aller visiter l’Europe. Enfin, concernant l’uberisation il ne faut pas interdire mais il faut établir des règles équitables et loyales.
Le programme tourisme du candidat est encore à l’étude, mais un ministre de plein exercice est prévu.

Jean-Charles HOURCADE au nom de Jean-Luc MELENCHON

Le tourisme est très important dans l’attractivité économique du pays, et il doit s’appuyer sur nos ambassades. Il faut y imposer l’écologie.
Pour assurer le maillage territorial et des pouvoirs, un Conseil Supérieur du Tourisme s’impose.

La sécurité doit à nouveau être assurée par une police de proximité, et le terrorisme combattu par un renforcement du renseignement.

Emploi : pour éviter les abus, chaque personne travaillant exclusivement pour un employeur aura droit au statut de salarié en CDI.

Les différences d’imposition fiscales entre grands groupes et PME seront nivelées, et toutes les niches fiscales réexaminées. Le CICE sera supprimé et son montant de 40 M € reversé à la transition écologique.

Avec l’augmentation de 16% du SMIC et l’allocation-étudiant, le pouvoir d’achat va augmenter, potentiellement en faveur des vacances, mais les TPE et PME seront aidées.

Le Ministre du Tourisme devra dépendre du Premier Ministre pour intervenir de manière intersectorielle.

David RACHLINE au nom de Marine LE PEN

Le tourisme est central dans l’économie ; il a un fort potentiel, mais le pouvoir doit être entre les mains des élus locaux. La gauche et la droite ont délaissé le tourisme, la droite par excès de libéralisme. Il faut revenir à un état stratège pour que chacun soit performant : communes, départements (avec des pouvoirs renforcés, notamment en tourisme) et état en seront les acteurs.

Il faudra créer un fond souverain pour contrer les fonds vautours.

L’attractivité du pays augmentera quand la sécurité anti-terroriste et au quotidien sera améliorée. Le nombre de policiers va croître.

Il faut aussi lutter contre l’uniformisation culturelle liée à la globalisation.
La disparition de l’Euro n’affectera pas la fréquentation étrangère, et notre Franc dévalorisé stimulera sa venue.

Un secrétariat aux mutations économiques anticipera et accompagnera les évolutions. La Directive Détachement sera supprimée. La clause de pénibilité en entreprise aussi.

Marine Le Pen offre une bonne image de la France dans le contexte de retour au patriotisme de la GB, de l’Autriche et des USA.

Il faut encourager les colonies de vacances.

Jean-Pierre RAFFARIN au nom de François FILLON

Le redressement de la France passe par le partage de son image et de son identité : le tourisme en est le plus sûr moyen.
Le tourisme n’est pas périphérique mais substantiel ! Il a besoin d’autorité, de grandiose (Cf les J.O.) comme de modeste (Cf nos gîtes ruraux).
Il faut localiser son ministère à Matignon (là où se font les arbitrages), et le faire bénéficier d’une réflexion comme du temps de la Datar, pour ne pas improviser constamment.
Il faut aussi faire le « Varenne du Tourisme », viser la qualité des produits comme la qualité des marges.

Il faut être révolté par le mauvais accueil et la saleté en Gare du Nord, sous la Tour Eiffel et ailleurs, car ce n’est pas supportable dans un pays qui accueille autant de touristes.

Le tourisme est « le système sanguin de l’attractivité » (sujet d’intérêt national puisqu’elle attire la richesse), le levier majeur de l’économie (85 touristes engendrent un emploi), et sa valeur humaine.
C’est aussi une arme de respect et de non-violence dans le contexte actuel d’insécurité.

Il faut mettre en place un dispositif interministériel sous la tutelle du premier ministre, une structure horizontale.

Notre objectif doit être le leadership mondial pour la France en tourisme car vue de l’extérieur la France représente la notion même de tourisme. Dans ce domaine, il ne faut pas négliger la communication, pour contrer les campagnes mensongères comme celle de Trump, et pour être à la tête –et non à la périphérie- des réseaux sociaux.
Il faut aussi protéger la culture et ne jamais l’isoler du tourisme, même si nos moyens actuels ne permettent pas de sauvegarder tout le patrimoine.

Le tourisme fonctionne avec plusieurs modèles économiques et la bonne nouvelle, c’est le nombre de nos jeunes entrepreneurs.

Notre système doit être débloqué ; un exemple tiré du Département de la Vienne : un Center Parc y crée 1000 emplois directs et indirects, mais 500 personnes, dans l’Administration ou ailleurs, y mettent des entraves. Il faut donner aux Préfets des pouvoirs dérogatoires pour arbitrer, ou interpréter les règlementations. Il importe de remettre de l’humain et du bon sens.

La Loi NOTRe a créé des désordres qu’il importe de corriger. La Région doit avoir la haute main sur l’emploi –y compris Pôle Emploi- et la formation pour faire jouer la proximité.

En plus de l’allocation de rentrée, les enfants doivent bénéficier d’un chèque dédié au tourisme éducatif.

P.-S.

Voir des extraits vidéos de ces interventions sur le site de Tour Hebdo :

http://www.tourmag.com/tags/primaires%20du%20tourisme/

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