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Nous extirper d’une double erreur d’analyse ...

publié le lundi 7 mars 2016, par fabienberdah

Nous, professionnels, experts et scientifiques du tourisme au sens large (tourisme, hôtellerie, loisirs, culture), tous en TPE et PME hors quelques rares personnels d’ETI et de sociétés du CAC 40, chefs d’entreprises comme salariés, immergés dans un tissu économique et social extrêmement sensible aux externalités géopolitiques et économiques, sommes empêtrés dans une double erreurd’analyse : erreur géopolitique et macroéconomique, d’une part, identification erronée de nos adversaires et ennemis politiques, économiques et sociaux, d’autre part.

Erreur géopolitique et macroéconomique.

Nous continuons à produire des propositions, à travers nos représentations syndicales et consulaires comme à travers nos Think tanks et commissions professionnelles au sein des partis de gouvernement, qui s’articulent autour d’une hypothétique reprise, autour de business models surannés mais que nous pensons perfectibles, autour de réformettes supposées révolutionnaires, dans l’utopie d’un environnement géopolitique et macroéconomique à venir meilleur.

Or l’analyse géopolitique de ce début de 21ème siècle nous contraint à saisir la radicalité et la fulgurance d’une transformation irrémédiable de notre environnement, de ses basics et des certitudes de nombre de nos contemporains avec l’arrivée sourde et enchevêtrée d’une vague et d’une détonation, (dont, comme de l’œuf et la poule, on distingue mal le fait déclencheur) : la vague d’un crack économique majeur et sans égal dans l’histoire du capitalisme comme de la finance, où les Etats ne pourront plus agir pour sauver les banques systémiques, et la détonation d’une nouvelle guerre mondiale déjà partiellement entamée et dévastatrice pour nos tissus sociaux-économiques.

Erreur d’identification de nos adversaires et ennemis politiques, économiques et sociaux.

Nous nous entêtons à lire notre environnement entre gauche et droite, entre représentations patronales et salariales, entre progrès économiques et progrès sociaux, alors même que le passage du monde capitaliste et entrepreneurial au monde globalisé et de la finance a tout changé, tout bousculé, tout nargué aussi.

D’un côté les intérêts du patronat et des salariés des TPE/PME convergent pour la survie de leurs activités, pour remettre l’être humain au centre des préoccupations, pour sortir ensemble de l’impasse.

De l’autre, les intérêts des banques et des grandes entreprises, ETI ou CAC 40, convergent vers plus de globalisation et d’optimisation financières, de déréglementation économique et sociale, pour installer chaque jour davantage la finance au centre des préoccupations. Et ce, avec pour alliés, les partis de gouvernement qui, dépassant tous clivages, les soutiennent.

Oui, représentations patronales et syndicales peuvent, au sein des TPE/PME, être des adversaires, et oui, sensibilités de gauche et de droite peuvent s’affronter, en adversaires, mais, d’accord pour une survie commune, elles négocient, chacune au mieux pour ses propres intérêts, (c’est humain), sans souhaiter détruire l’autre.

Non, le monde de la finance, les banques, le MEDEF en sa qualité de représentation patronale des grandes entreprises, ne sont pas des adversaires : ce sont des ennemis dont les ambitions, les objectifs et les méthodes conduisent à la ruine des TPE/PME et de leur tissu patronal et salarial. Cela avec l’appui bienveillant de l’Union Européenne et des gouvernements de gauche comme de droite, puisque 70% des aides publiques sont englouties par les entreprises du CAC 40, et ceci n’est qu’un point d’une longue liste.

Avoir le courage de nous extirper de notre double erreur d’analyse.

Il nous faut prendre acte d’une nouvelle façon de penser nos politiques et stratégies d’entreprises ; penser le monde en terme de warketing (techniques de guérilla appliquées au Marketing) en nous battant avec de nouvelles armes sur de nouveaux terrains ; nous extirper de notre dépendance aux banques pour construire un tissu d’investissements plus innovant et plus collaboratif ; appréhender le territoire, chaque territoire, comme un puzzle d’entreprises à énergies complémentaires et non concurrentielles ; penser également chaque entreprise, ou chaque groupement d’entreprise, comme une puissance faite de singularités, de compétences et d’expertises tendant vers un but commun, quelles que soient les divergences d’intérêts en son sein ; mais aussi prendre ensemble la mesure d’un monde en mouvement rapide, à la fois collaboratif, e-technologique et à dimension environnemental.

Il s’agit d’un combat inédit, sans égal, sans protection des pouvoirs ?et élus empêtrés dans leurs intérêts, errances et erreurs.

Que nous importe, si nous reforgeons notre intellect et notre psyché dans cet esprit de liberté, d’audace et de persévérance nous permettant d’entrer dans le combat avec joie et fureur ; soit un état d’esprit d’aventurier, le propre de l’entrepreneur.

Fabien Berdah

Vice-Président de l’AFEST
CEO – Consultant Manager
TITAN SIAM SA Soparfi mixte – Luxembourg
ELIKA Ltd. – Ras Al Khaimah (UAE)
SA Immobilière Adyar - Paris
OptiManaging - Paris
OptiManaging do Brasil – São Paulo
OptiManaging Africa Consulting Group – Dakar

P.-S.

Paris, le 29/02/2016.

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